Friday, October 21, 2005

HARAMBEE


10/20/05

Harambée signifie en swahili "a coming together".
Mais c'est également le nom de l'événement organisé par les diverses organisations Afro-américaines du campus.
Cet événement annuel tend à réunir la communauté afroaméricaine et les autres communautés à travers quelques représentations par the Ebony Renaissance Choir ou the Dr Martin Luther King Jr Commemorative Dance Ensemble et the Unity Step Team.
Cette soirée a débuté par l'interprétation d'une chanson gospel "lift every voice and sing". Ce qui était sublime .
Le coeur de la soirée était le discours donné par Jeffrey Johnson, présentateur et producteur de l'émission "the cousin Jeff chronicles" :une série de documentaires sur les communautés afroaméricaine et latine sur la chaine BET( Black entertainment television).
M; Johnson a débuté son discours en rappelant que sur le campus ainsi que dans les Etats-Unis il n'y avait pas une seule communauté malgré les bonnes intentions de chacuns et des politiques.
Bien sûr il n'y a plus de ségregation , les afroaméricains et les blancs fréquentent les mêmes universités, sont dans les mêmes classes. Mais être au même endroit ne signifie pas que nous sommes une seule et même communauté. Les blacks sont entre eux, même chose pour les blancs.
Là repose tout le problème, il y a encore un long chemin à parcourir...
Il a également insisté sur le fait que les blacks qui arrivent à l'université, ce qui est malheureusement loin d'être une normalité pour certaines minorités, oublient pourquoi ils sont là et surtout d'où ils viennent.
En effet, la plupart viennent de quartiers très défavorisés , du "hood" comme on dit ici.
Et ils ont enfin cette énorme opportunité de bénéficier d'une éducation supérieure pourtant certains oublient d'où ils viennent. Lorsqu'ils reviennent chez eux , ils ne vivent plus simplement, ils analysent la situation et un fossé se creuse. Or, si le chemin leur a été montré afin d'arriver à la fac ils ne doivent pas oublier qu'ils ont aussi le devoir de montrer le chemin aux autres et d'être reconnaissants envers ceux qui ne pourront jamais rejoindre leurs bancs .
Ils arrivent à l'université et prétendent être des personnes qu'ils ne sont pas. Ils ont honte de leur origine. Or, c'est seulement en affirmant qui nous sommes, d'où nous venons avec fierté que nous pouvons au mieux nous intégrer. Comment s'intégrer si l'on n'est pas nous mêmes?
Trop de fois, ils ont tendance à se mettre en retrait parce qu'ils sont une "minorité", ils ne veulent pas déranger, ils ne veut pas mettre mal à l'aise la majorité: les blancs. Mais dans ce cas, la situation n'en est qu'envenimée car tout reste latent.
Puis, il a parlé de cette culture hiphop tellement populaire de nos jours. En effet, il faut se féliciter que dans les rues d'Amsterdam , on peut assister à d'impressionants shows de break dance ou qu'à Tokyo , il y aient des graffitis sur les murs.
Mais gare à ce que véhiculent certains des messages. En effet lorsque les rappeurs s'appellent entre eux "nigga", il ne faut pas oublier le puissant et négatif sens de ce mot.
La jeunesse noire Américaine ne connait peut-être pas assez son passé. Malheureusement, parce que ce n'est pas suffisament appris à l'école. Mais il ne faut pas oublier le long héritage des heures sombres de l'esclavage, aux premiers journaux publiés dans la première moitié du XX ème siècle, au mouvement des droits civils dans les années 60 : Rosa Park, Malcolm X , Martin Luther King Jr, NAACP....
Etre black, ce n'est pas Kanye West ou Puff David. Nous rencontrons malheureusement trop souvent des jeunes qui ne sont que des copies médiocres de ces personnes médiocres (We have two-way cell phones, but we don't go to class. We have book bags but no books. We have gold- plated teeth but nickel- plated ambitions."
Puis, il a abordé le délicat sujet de Katrina. En effet de nombreux journaux et officiels ont résumé cette catastrophe à un problème racial. D'accord, cette catastrophe a montré que ce sont les pauvres (au sens propre du terme ) afro-améraicains qui ont été les plus durement touchés. Mais Katrina est loin d'avoir été le déclencheur mais juste le révélateur. Que ce soit à NYC , Chicago ou la Nouvelle-Orléans, la situation est la même. Et le gouvernement a évidement ses responsabilités! Lorsque les écoles des quartiers les plus défavorisés sont délabrées, comment peut-on donner unr réelle chance aux Afro-américains?
L'essentiel de ce discours et celui-ci est universel, c'est qu'il ne faut jamais oublier d'où l'on vient!
C'est notre identité et ce qui nous accompagne tout le long du chemin. Etre fier de ce que l'on est pour mieux apprécier l'Autre. Et enfin être une seule et unique communauté.

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